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Le retour de la passion (1)

Quelques semaines de leçons de vie, à encaisser les évènements, à plonger tout ce qui traine alentours dans une bassine d’acide, ma gueule y compris, voir ce qui ressort intact et ce qui n’est plus. A commencer doucement à accepter le renoncement, base de toute prise d’âge, donc de toute évolution, ce renoncement appelé à devenir de plus en plus important à mesure que les nouvelles années se fêtent, jusqu’au point un jour d’être l’unique pensée, en même temps que la dernière. OK, soit. Au moins je ne serais pas surpris le jour où, si je dois durer un peu ici-bas. J’ai bien pris acte du teaser, pas pressé de voir le film.

J’en étais donc là, pépère (mettez juste ce mot sur ma tombe SVP), complètement amnésique concernant les raisons des grands choix que j’avais fait dans ma vie, tyrannisé par des projections mentales erronées, me contentant d’avaler les jours l’un après l’autre comme des chips dans un vieux sketch nul de Titoff. Même pas envie de sourire. Des chips goût rien. Un peu de coca pour faire passer le tout, et hop, demain.

Oh, de l’extérieur, tout allait bien, évidemment. Le problème résidait ailleurs, dans cette mécanique inlassable qui agissait par conditionnement et ne donnait plus aux actes et pensées la saveur pour laquelle on les avait tant aimés. En bref, je filais droit vers le zéro pointé, niveau motiv’.
Tout à des raisons. La mienne, je n’allais pas tarder à le découvrir, c’était que je la perdais, justement.

Vers 18 heures, un jour que je branlais depuis le début de l’après-midi ce qui me sert de cerveau pour résoudre un problème dont je n’avais rien à foutre, Cervantès tapa à mon phone (oui j’ai mis un bruit de porte comme sonnerie, comme ça j’ai l’impression que les gens passent me voir) pour me parler de sa dernière vision (Cervantès est voyant et aussi mon ami, mais j’ai aussi des amis aveugle pour équilibrer et faire taire les accusations de l’opposition), déblatérant avec enthousiasme un gloubi boulga vaguement concevable mettant en scène un homme dégarni et une arme à feu. Mais pas que. Il m’avait appelé moi parce que j’étais dans sa vision. Moi, mais mort. Selon lui une mort cérébrale à tel point que le corps n’avait rien remarqué. Je continuais ma petite mort comme si de rien n’était, en quelque sorte.

Aussitôt ma conscience entra en rébellion. Jamais auparavant je n’avais prêté attention à ses tableaux abstraits faits d’un mélange d’ésotérisme menaçant et d’énigmes à la mord-moi le chibre. Ce que j’aimais chez mon ami, c’est qu’il ne jugeait jamais, mais écoutait et proposait, suggérait. Et surtout qu’il avait la meilleure descente de Vodka Standard de tout le “paté de maison”, comme j’appelais l’ensemble des gens qui venaient de temps à autre toquer à mon phone. Comment ? Quoi ? Moi, le rationnel parmi les rationnels, écouter un prophète aussi alcoolique que moi et sentir résonner la vérité au travers de ses mots ambigus ?

Je devais pourtant admettre rapidement que son poignard avait atteint le coeur : les fonctions vitales de mon esprit cartésien stoppèrent instantanément toute activité, et un basculement général de mes valeurs s’opéra à mon corps défendant. J’étais devenu le moi de sa vision. Bien sûr, mais oui, mon esprit était comme mort ! C’était l’évidence ! Comment avais-je pu continuer comme ça depuis toutes ces semaines sans que ça ne me percute une seule fois ?

Problème de taille, je venais ainsi d’admettre la pertinence, pire l’efficacité du don de Cervantès. Le remerciant ironiquement de me faire savoir que selon lui je n’étais plus qu’un légume, je ris un bon coup de ce que j’appelai sa bonne farce pour me donner une contenance et raccrochais le combiné. Puis je me levais, et me rendis dans la salle de bains. Je me regardais dans la glace : j’avais l’air de celui qui vient de faire le malin avant de réaliser que la fléchette l’a touché dans le petit rond rouge, là où ça va faire mal longtemps et où l’anesthésie ne fait pas effet. Oui, Cervantès avait raison, j’étais devenu un personnage de jeu vidéo, qui remplit sa mission sans se demander le pourquoi du comment, celui dont le but est le but.

(à suivre…)

Un simple lien vers deux simples phrases, tout est dedans, pour les amis, l’entourage, la famille, les artistes, bibi et autres connaissances :

http://www.arrachemoilatete.com/?p=334

See ya’ll

Enthousiasme

“Le succès consiste à aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme” Winston Churchill

Le mieux a faire si vous voulez obtenir ce prix tellement exotique, c’est encore de faire un disque le moins urbain possible, avec si y a moyen un clip dans la neige, loin, très loin de tout urbanisme. Ah, et puis prenez des vrais musiciens, hein, surtout. Des VRAIS.

Non, plus sérieusement, je me disais comme ca, ils se rendent compte que jamais un disque “urbain” (je m’étouffe) ne pourra être album de l’année ? Rien que ca, ca me donne envie de frapper un prescripteur urbain.

Pareil, les albums catégorie “album de l’année” ne sont donc forcement pas des disques qu’on peut appeler “urbains”. Quoi alors ? Champêtres ? Bucoliques ? Allez vous faire foutre ?

Le gouvernement vient de publier au Journal Officiel un nouveau décret d’application encadrant l’Hadopi qui permettra à l’Autorité de croiser les données de connexion fournies par les fournisseurs d’accès (noms, prénoms, adresse postale et e-mail, téléphone et adresse de l’installation téléphonique) et les adresses IP des “pirates” que lui transmettront les ayants droits. Ainsi, l’Hadopi pourra obtenir l’identité des internautes susceptibles d’être pénalisés et leur historique, afin de leur envoyer dans un premier temps des messages d’avertissements. Ces données d’infraction seront conservées 2 mois s’il n’y a pas de suite, 14 mois si il y a eu envoi d’un e-mail et 20 mois dans le cas d’un envoi de la lettre recommandée, qui peut précéder une coupure de la ligne.

Je me demande à quel point tous les sous mis dans des lois numériques pourries, inapplicables, dans des commissions sur-rémunérées et des campagnes promo débiles pourraient servir à autre chose d’utile pour la vraie vie des vrais gens qui en ont vraiment besoin. Ce dossier du “piratage” est une des plus grandes sources de consternation tellement des dizaines de personnes travaillent des mois à élaborer des lois dont on peut prouver la totale inutilité en 2 phrases.

Pari

“Si j’étais parieur, je ne parierais jamais pour mon équipe ; quand elle gagnerait, j’aurais perdu ma mise mais au moins j’aurais la satisfaction de voir les miens victorieux. Quand elle perdrait, au moins j’aurais gagné un peu d’argent.”

Perfection

“Vous trouvez que je vous ressemble ?”
“Non, à ta mère. Une perfection ta mère, une sainte.”
“Pourquoi l’avez vos quittée ?”
“Je viens de te le dire.”

(extrait du film “La bande à papa“)

Les Sept Samouraïs

Dans le Japon médiéval, des paysans sont fréquemment attaqués par des bandits de grands chemins, qui les dépossèdent de leurs récoltes. Lassés par leurs méfaits, et sur les conseils des anciens, ils décident de recruter un groupe de samouraïs pour défendre leur village.

Mais la partie s’annonce difficile : comment trouver des hommes d’honneur, prêts à risquer leur vie pour défendre les intérêts de « culs-terreux » qui n’ont à leur proposer en échange de cette protection que quelques bols de riz ?

Dans la France actuelle, des artistes de talent sont fréquemment éclipsés par des productions à gros budget, qui les dépossèdent de leur visibilité. Lassés par leur propre amateurisme, et sur les conseils des anciens, ils décident de recruter un groupe de samouraïs pour défendre leurs projets.

Mais la partie s’annonce difficile : comment trouver des hommes d’honneur, prêts à donner leur temps pour défendre les intérêts de « culs-terreux » qui n’ont à leur proposer en échange de cette aide que quelques bols de riz ?

“Oh putain”

C’est pas un secret pour les gens qui me connaissent, si il y a bien un rappeur et un chanteur actuels que je soutiens et écoute énormément, ce sont Booba et Biolay.

“Oh putain !”, C’est ce que je me suis dit il y a 5 mn en finissant cet article, tellement l’interview qu’il présente contient de bonnes remarques et pue le talent.

Et puis ça résonne en moi de plein de façons : les remarques sur comment les choses deviennent simples quand on ne travestit pas son art, sur l’avenir du CD, les beaux coffrets, sur la créativité et le temps qui passe, sur les tares de la France en matière de culture populaire contemporaine, sur le Rap et pourquoi l’humour est au centre de beaucoup de choses, sur les francs-tireurs… En bref, un petit bonheur, perso. Et vous ?

Can’t stop won’t stop

Ce titre, qui est avant tout celui d’un excellentissime bouquin sur le Rap US, est aussi ce qui décrit le mieux mon état actuel (et sans doute futur) : je ne peux pas m’arrêter, même pour dormir, et je ne m’arrêterais pas. Un essaim de nuages vient de s’écarter pour me laisser voir le ciel bleu, pas moyen de rester assis là à fumer un spliff dans l’herbe, et “va savoir où on atterrira, on sait qu’on décolle”. See ya’ there ; )

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